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Conseils d’UX writing pour améliorer la conversion de votre site

15 mars 2023 par
Franck GAUTIER
“”

« Chaque mot est un préjugé. »
Friedrich Nietzsche

UX Writing : quand les mots deviennent une décision stratégique

Texte intégral conservé. Mise en page plus aérée. Mises en gras renforcées. Vignettes ajoutées quand utile. Couleur violette respectée.

Vous voulez beaucoup de visiteurs sur votre site. C’est un objectif.

Mais transformer ces visiteurs en clients potentiels est l’objectif premier. Le seul qui vaille.

Pour y parvenir, votre page doit être attractive. Vous devez fournir un contenu accrocheur et efficace à chaque personne qui atterrit chez vous. Le défi est immense. Il est cognitif. Il se joue en quelques secondes seulement. Le temps d’attention moyen d’un internaute sur une page web est de huit secondes. Huit secondes pour capter, intéresser, et engager. Dans ce laps de temps infime, l’expérience utilisateur et les mots que vous choisissez deviennent les éléments décisifs de votre succès. Cette course contre la montre cognitive est le cœur de notre sujet. Nous allons explorer pourquoi vos contenus échouent souvent à convertir, et comment une discipline méconnue, l’UX Writing, fondée sur la compréhension des comportements humains, peut inverser la tendance. Chaque mot est un préjugé, disait Nietzsche. Sur le web, chaque mot est une décision stratégique.

Idée clé

8 secondes : votre fenêtre de décision. Dans cet intervalle, le design et les mots deviennent les leviers qui déterminent si l’utilisateur reste… ou part.

Première partie : L’internaute moderne – Comprendre le cerveau qui scanne

Votre visiteur n’est pas un lecteur. C’est un chasseur-cueilleur d’informations. Son comportement en ligne est dicté par des mécanismes cognitifs ancestrals, mal adaptés à la profusion numérique. Pour créer une expérience qui convertit, vous devez d’abord abandonner vos préjugés sur la lecture en ligne.

Le mythe de la lecture linéaire et la réalité du scan

Une croyance tenace veut que l’on lise une page web comme un livre. De gauche à droite, de haut en bas. C’est une illusion totale. Les études d’eye-tracking le démontrent depuis des années. Face à un écran, l’œil ne lit pas. Il scanne. Il saute d’un point d’ancrage à un autre, cherchant frénétiquement l’information pertinente. Cette navigation est erratique, rapide, et impitoyable. L’internaute ne vient pas pour apprécier votre style littéraire. Il vient résoudre un problème, répondre à une question, satisfaire un besoin immédiat. Votre texte est un terrain qu’il survole, à la recherche de points de repère clairs. Si ces repères manquent, il part.

Signal à retenir

Votre visiteur scanne. Il cherche des points d’ancrage. Si vous ne les fournissez pas (titres, sous-titres, gras, verbes d’action), vous perdez le parcours… et la conversion.

Au-delà du fameux “F-Shaped Pattern” : des modèles de lecture dictés par l’émotion

En 2006, le Nielsen Norman Group popularisait le “F-Shaped Pattern”. Ce modèle décrivait un mouvement oculaire qui balaie la première ligne, puis descend verticalement sur la droite, ne jetant que de brefs coups d’œil à gauche. Cette étude fut révolutionnaire, mais elle est désormais réductrice. Le comportement a évolué avec le web. Aujourd’hui, le modèle de lecture n’est plus seulement en F. Il peut être en Z, en triangle, en grille. Il est surtout dicté par la valence émotionnelle de votre page.

En vérité, c’est votre design et, surtout, vos mots qui imposent un parcours de lecture. Un titre percutant, un bouton aux verbes d’action puissants, une sous-titration claire – voilà les aimants qui guident l’œil. L’internaute suit un chemin que vous avez, consciemment ou non, tracé pour lui. S’il le perd, vous le perdez.

Les chiffres qui doivent vous alarmer : une lecture lente et superficielle

La lecture sur écran est objectivement plus difficile. Elle est environ 25% plus lente que la lecture sur papier. La luminosité, les distractions environnantes, la multiplicité des liens hypertextes – tout concourt à une fatigue cognitive accrue. Pire encore : une étude souvent citée indique qu’un internaute ne lirait en moyenne que 15 mots par page. Ce chiffre, bien que symbolique, pointe une réalité cruelle : la lecture est extrêmement sélective. L’internaute ne s’engage que si l’accroche est immédiate. Ce fameux temps de 8 secondes est une moyenne. Il peut être légèrement supérieur sur des sites corporate ou spécialisés, mais dépasse rarement 30 secondes en première visite. Ces 30 secondes sont votre fenêtre d’opportunité. Tout votre art consiste à les exploiter au maximum.

Chiffres d’alerte

25% plus lente sur écran, 15 mots en moyenne, 8 à 30 secondes pour convaincre : votre interface doit être pensée pour le scan, pas pour l’essai littéraire.

Deuxième partie : L’UX Writing – La discipline qui donne du sens aux interfaces

Face à ce constat, les équipes de conception web ont longtemps misé sur le design visuel. L’UX Designer est devenu une star. Mais un élément crucial était négligé : les mots dans l’interface. C’est là qu’intervient l’UX Writing.

Définition : bien plus que de la “micro-copie”

L’UX Writing est une discipline de conception qui consiste à rédiger des textes d’interface clairs, concis et utiles, guidant l’utilisateur vers la réalisation de ses objectifs tout en incarnant la voix de la marque. Ce n’est pas simplement “écrire des petits textes”. C’est concevoir des conversations. Chaque phrase, chaque mot, chaque label de bouton est un élément d’un dialogue silencieux entre votre produit et son utilisateur. L’objectif est de susciter la bonne émotion – confiance, sérénité, envie – et de lever tous les obstacles cognitifs à l’action.

Le profil de l’UX Writer : un psychologue-linguiste au service de l’utilisateur

L’UX Writer est un professionnel hybride. Dans les géants comme Google, Apple ou Airbnb, ce rôle est central. Ce n’est ni un rédacteur marketing pur, ni un designer, ni un développeur. C’est un talent qui allie une plume aiguisée à une empathie méthodologique. Son travail est de se mettre dans la peau de l’utilisateur pour anticiper ses questions, ses doutes, ses blocages. Il traduit des fonctionnalités complexes en langage simple. Il transforme des processus techniques en parcours fluides et rassurants.

Ses missions sont doubles. Premièrement, il incarne la voix de la marque. Le choix des mots, le ton (amical, professionnel, autoritaire, ludique) doivent refléter l’identité et les valeurs de l’entreprise de manière cohérente sur tous les points de contact. Deuxièmement, il clarifie l’information. Il s’assure que l’utilisateur comprend toujours où il est, ce qu’il peut faire, et ce qui va se passer ensuite. Il travaille sur un périmètre immense : les formulaires, les menus, les messages d’erreur, les confirmations, les notifications push, les emails transactionnels, les pages de landing, les tooltips… Son travail est invisible quand il est réussi. On ne remarque la qualité d’un texte d’interface que par son absence, lorsque la confusion s’installe.

À retenir

L’UX Writing conçoit un dialogue. Quand c’est bien fait, c’est invisible. Quand ça manque, la confusion apparaît, et l’utilisateur abandonne.

Troisième partie : Les 9 commandements de l’écriture UX – Une feuille de route pratique

La théorie est essentielle, mais la pratique l’est davantage. Voici neuf principes fondamentaux, nourris par l’expérience et les tests utilisateurs, pour transformer votre rédaction.

1. La concision est une forme d’élégance (et de respect)

Dans l’UX Writing, chaque mot pèse. Chaque mot doit justifier sa présence. Supprimez le superflu, les articles inutiles, les formules alambiquées. Dites “Connectez-vous” plutôt que “Veuillez procéder à votre connexion”. Le temps de votre utilisateur est précieux ; le lui rendre, c’est le premier signe de respect. Cette concision n’est pas de la pauvreté lexicale. C’est une recherche d’efficacité maximale. Un bouton avec deux mots forts vaut mieux qu’une longue phrase explicative.

2. Brisez les murs de texte : l’art de la mise en page

Un long bloc de texte est un repoussoir. Notre cerveau le perçoit comme une tâche ardue. Vous devez aérer, scinder, structurer. Utilisez des paragraphes courts de deux à trois lignes. Employez des sous-titres fréquents et informatifs. Mettez en gras les concepts-clés pour le scan. Les listes à puces sont vos alliées. L’objectif est de donner une impression de légèreté et de digestibilité. L’information doit sembler accessible en un coup d’œil.

3. Privilégiez l’action à la description : parlez le langage des objectifs

L’utilisateur est dans une logique d’action. Votre texte doit l’y aider. Au lieu de décrire longuement une fonctionnalité, dites clairement ce qu’elle permet de faire. “Télécharger le rapport” est plus direct que “Accédez à la section de téléchargement pour obtenir votre rapport”. Formulez les choses du point de vue du bénéfice utilisateur. Les verbes d’action en début de phrase sont des signaux puissants. “Comparez les offres”, “Créez votre projet”, “Visualisez vos économies”. Ces formulations créent un momentum.

4. Choisissez des verbes précis et établissez une bibliothèque lexicale

L’imprécision sème la confusion. Évitez les verbes génériques comme “gérer”, “traiter”, “configurer” si vous pouvez être spécifique. “Ajouter aux favoris”, “Archiver la conversation”, “Exporter en PDF”. Cette précision construit la confiance. L’utilisateur sait exactement à quoi s’attendre. Pour garantir une cohérence parfaite sur toute votre interface, créez une “bibliothèque de micro-copie” ou un guide de style. C’est un document de référence qui liste le terme exact à utiliser pour chaque action, chaque état, chaque message. Tout le monde dans l’équipe l’utilise. Cela élimine les variations synonymiques qui désorientent.

5. Cultivez une cohérence inflexible : ton, voix et relations

La cohérence est le pilier de la confiance. Si vous tutoyez l’utilisateur sur la page d’accueil, ne le vouvoiez pas dans le formulaire de contact. Si vous appelez un élément “Panier” dans le menu, n’utilisez pas “Caddie” dans la confirmation de commande. Cette incohérence, même minime, génère une micro-dissonance cognitive. L’utilisateur se demande s’il est toujours au même endroit. Le ton de voix doit également être stable. Si votre marque est jeune et décalée, assumez-le partout. Si elle est sérieuse et experte, restez-en là. Les ruptures de ton sont perçues comme de l’inauthenticité.

6. Bannissez le jargon : l’intelligence est dans la simplicité

Même sur un site B2B très technique, votre interlocuteur peut être un décideur non-technique, un nouvel employé, ou quelqu’un sous stress. Le jargon est une barrière. Votre mission est de faire passer l’idée complexe avec des mots simples. Un message d’erreur ne doit jamais dire “Erreur 404 : Serveur DNS non joignable”. Il doit dire “Cette page semble introuvable. Le lien est peut-être cassé ou la page a été déplacée. Que souhaitez-vous faire ?” Cette transparence bienveillante désamorce la frustration et guide vers la solution.

7. Libérez l’information progressivement : le “juste à temps”

Ne noyez pas l’utilisateur sous un déluge d’informations dès la première page. C’est le syndrome de la page “À propos” interminable ou des conditions générales illisibles. Adoptez le principe de l’information progressive. Donnez le strict nécessaire pour passer à l’étape suivante. Utilisez des tooltips (petites bulles d’information au survol), des liens “En savoir plus”, des accordéons (“Lire la suite”). L’information complémentaire est disponible, mais sur demande. Cela réduit la charge cognitive initiale et rend le parcours moins intimidant.

8. Parlez la langue de votre persona : l’empathie linguistique

Votre UX Writer doit mener des entretiens utilisateurs. Pas seulement pour comprendre leurs besoins, mais pour saisir leur vocabulaire. Comment désignent-ils tel produit ? Quel mot utilisent-ils pour tel problème ? Cette “empathie linguistique” est cruciale. Si vos utilisateurs parlent de “devis”, ne parlez pas de “proposition commerciale estimative” dans votre interface. Utilisez leurs mots. Cela crée un sentiment de familiarité et de compréhension immédiate. Vous parlez leur langue, littéralement.

9. Pensez texte+visuel : la synergie des sens

Le texte ne vit pas seul. Il est en dialogue constant avec les éléments graphiques. Une icône bien choisie peut remplacer une longue explication. Un visuel de qualité peut susciter l’émotion que des mots peineraient à transmettre. L’UX Writer doit collaborer étroitement avec le designer. Parfois, la solution à un problème de clarté n’est pas d’ajouter du texte, mais de le supprimer au profit d’un visuel ou d’un schéma. L’objectif est la communication efficace, pas l’accumulation de mots.

Conclusion : Passer de la friction à la fluidité

Le temps d’attention est une ressource rare. Les comportements de scan sont une réalité biologique. Les ignorer, c’est condamner votre site à une haute friction et un faible taux de conversion. L’UX Writing n’est pas une mode. C’est une réponse méthodologique et humaine à ces contraintes. C’est la discipline qui soigne les points de frottement invisibles entre votre intention et la compréhension de l’utilisateur.

En appliquant ces principes, vous ne faites pas que “mieux écrire”. Vous concevez une expérience. Vous guidez une intention. Vous construisez un chemin de confiance qui mène naturellement à l’action souhaitée. Vous transformez des visiteurs pressés en prospects engagés. Chaque mot devient alors un choix stratégique, un préjugé en faveur de l’utilisateur et de vos objectifs.

Cette réflexion sur les mots et les comportements est au cœur de notre méthodologie. Nous proposons des services d’agence e-commerce et de refonte de site qui partent précisément de ce postulat : la performance technique et esthétique doit s’appuyer sur une compréhension profonde des mécanismes neuroscientifiques et des comportements réels de vos visiteurs. Analyser, comprendre, puis concevoir des mots et des parcours qui convertissent, c’est notre quotidien. Prenez le temps d’y réfléchir pour votre projet. Vos mots valent de l’or ; assurez-vous qu’ils travaillent pour vous.



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